Henry J. Langdon, pionnier de l’ARC, de l’industrie et du syndicalisme

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Article de nouvelles / Le 19 février 2018

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Par le major Mathias Joost

Février est le Mois de l’histoire des Noirs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Aviation royale canadienne a fait preuve de grande rigueur dans son recrutement de militaires, comme en témoignent les réalisations de plusieurs Canadiens noirs qui ont servi dans l’ARC pendant la guerre, dont quatre sont devenus avocats après la guerre.  

Henry Langdon constitue un autre exemple d’un ancien militaire de l’ARC qui a entretenu un lien avec celle-ci après la guerre. M. Langdon a mené une carrière exceptionnelle dans le domaine de l’entretien dans l’aviation civile. 

Henry Johnson Langdon naît à Trinité en 1911, et arrive au Canada en 1923. Il grandit dans le quartier Petite-Bourgogne, à Montréal, et rêve d’être écrivain. Lorsque la guerre éclate, il travaille dans une station-service. À ce moment-là, il est marié, a une fille et aura bientôt un fils. Il souhaite tellement servir le Canada qu’il laisse sa famille pour s’enrôler dans l’ARC le 1er novembre 1939.

À cette époque, les règlements de l’ARC interdisent l’enrôlement de toute personne qui n’a pas la peau blanche, donc un membre du personnel de recrutement de l’ARC enfreint évidemment les règlements. Par ailleurs, le cours de mécanicien de moteurs d’avion qu’a suivi M. Langdon facilite sans doute son recrutement. 

Après avoir suivi son instruction à l’école d’instruction technique à St. Thomas, en Ontario, il sert à la 1re École de pilotage militaire au camp Borden, en Ontario, au 9e Dépôt de réparations à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, à la 9e École de bombardement et de tir à Mont-Joli, au Québec, et au 6e Dépôt de réparation à Trenton, en Ontario. Il se révèle un excellent technicien, mais aussi un très bon chef.

En mai 1943, un évaluateur dit de M. Langdon qu’il est l’un des meilleurs aviateurs qu’il ait vus et qu’il a du potentiel en tant que membre d’équipage. En septembre 1941, le colonel d’aviation Roy Grandy indique que M. Langdon ferait un excellent sous-officier. L’aviateur-chef Langdon atteint le grade de sergent de section en octobre 1944, grade qu’il détient toujours lors de sa libération, le 7 septembre 1945.

Les Lignes aériennes Trans-Canada (aujourd'hui Air Canada) embauchent Henry Langdon en 1945 à titre de mécanicien de moteurs d’avion, peut-être en raison de son expérience en temps de guerre ou du grand nombre d’anciens membres d’équipage de l’ARC qui travaillent pour l’entreprise. M. Langdon devient ensuite vérificateur d’aéronefs de la même entreprise.  

M. Langdon participe aussi grandement aux activités de la section 1751 de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA), à Montréal. Il est l’un des premiers mécaniciens noirs à faire partie d’un conseil de la section de l’AIMTA et est élu au conseil de la section de Montréal pendant 25 ans, à titre de secrétaire de séance et de secrétaire du comité de formation pour les travailleurs.   

Henry Langdon occupe aussi la fonction de haut-commissaire du Canada de la Universal Negro Improvement Association. Dans cette organisation, ainsi que ses carrières militaire et civile, il travaille en vue d’améliorer les relations entre les différents groupes ethniques.

En mars 1955, M. Langdon s’enrôle de nouveau, cette fois dans l’élément auxiliaire de l’ARC. En raison de l’expérience qu’il a acquise en tant qu’employé des Lignes aériennes Trans-Canada, il devient instructeur technique de moteurs d’avion à la 3001e Unité de formation technique à Montréal. Il occupe ce poste jusqu’en février 1961, après quoi il passe un an en service spécial à la 104e Unité mixte, à Saint-Hubert, au Québec. Le sergent de section Langdon sert un an dans le 438e Escadron, puis passe le reste de sa carrière au 401e Escadron, à titre de superviseur de l’aire de trafic. Il prend sa retraite en janvier 1967, à l’âge de la retraite obligatoire. 

Henry Langdon a joué un rôle de pionnier à Air Canada, dans l’ARC et dans son syndicat, travaillant dans des milieux à prédominance blanche. On tenait en haute estime tant ses capacités que ses efforts visant à améliorer les relations entre les groupes ethniques.

Henry Langdon a fait beaucoup de chemin depuis son rêve de mener une carrière littéraire. Son long service dans le domaine de l’entretien dans l’aviation civile est exemplaire, et c'est l’ARC qui lui a servi de tremplin.

Le major Joost est historien à la Direction — Histoire et patrimoine au Quartier général de la Défense nationale, à Ottawa.

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