La cérémonie du 100e anniversaire de Vimy vue par un aviateur

Article de nouvelles / Le 18 septembre 2017

Cliquez sur la photo sous la rubrique « Galerie d'images » pour voir d'autres photos.

Par le caporal-chef Jeremy Roche

Je suis superviseur et instructeur à l’École des opérations de contrôle aérospatial des Forces canadiennes, un établissement d'enseignement de la 16e Escadre Borden situé à Cornwall, en Ontario. Nous apprenons aux militaires du rang des Forces armées canadiennes à devenir des opérateurs du contrôle aérospatial ou à améliorer leurs compétences à ce titre. J’ai grandi à Newmarket, en Ontario, et j’en suis à ma 12e année de service dans les Forces armées canadiennes.

Au début de l’année, mon unité m’a accordé le privilège de participer, en compagnie de quelque 300 soldats de partout au pays, à la cérémonie tenue le 9 avril 2017 pour souligner le 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy au Mémorial national du Canada, à Vimy, en France.

Le monument

En tant qu’aviateur de l’Aviation royale canadienne, j’ai vécu une expérience exceptionnelle en participant à un événement tenu afin de rappeler le courage et les exploits du Corps canadien. Je n’aurais jamais imaginé me trouver un jour à cet endroit dévasté par la guerre. Et, pourtant, de toute cette effusion de sang, une nation s’est levée.

En faisant mes premiers pas vers le monument d’une beauté saisissante de Walter Allward, je ne pouvais m’empêcher de penser à quel point il est stupéfiant. Véritable chef-d’œuvre, ce monument nous parle; il chuchote notre nom, nous touche comme un vieil ami le ferait et nous rappelle que la victoire a été chèrement payée.

Je pouvais entendre la bataille, le son difficilement perceptible des fusils au loin, les cris d’horreur... J’ai ressenti la peur de ceux qui ont sacrifié leur liberté, leur famille et leur vie pour que tant d’autres Canadiens, comme moi, puissent fièrement vivre la leur en toute liberté. Une grande tristesse m’a envahi quand j’ai vu les noms des 11 285 Canadiens inscrits sur les murs revêtus de pierre calcaire.

Avant de vivre cette expérience, je n’avais jamais véritablement compris toute l’étendue des sacrifices consentis durant cette guerre, celle qui, d’ailleurs, devait mettre fin à toutes les autres. Ce n’est qu’à mon arrivée au premier cimetière que je m’en suis rendu compte.

Immédiatement, c’est le nombre de pierres tombales de soldats canadiens et alliés qui m’a frappé. Tant de cimetières, tant de vies perdues. J’ai eu l’occasion de parcourir un cimetière allemand où reposent près de 40 000 soldats. Il y avait des pierres tombales partout; le champ de bataille tout entier en était recouvert.

Et puis, il y avait les tunnels.

Si je n’avais jamais imaginé me trouver sur le champ de bataille, j’avais encore moins pensé me retrouver sous lui. Les tunnels creusés dans la craie sur une distance de dix kilomètres le long de la crête de Vimy avaient une double utilité : ils permettaient aux soldats du Corps canadien de se déplacer vers le front à l’abri de l’ennemi, mais aussi de mettre d’énormes mines sous les tranchées allemandes.

Je ne peux qu’imaginer les pensées qui traversaient l’esprit des soldats qui attendaient, en silence, pendant des heures, voire des jours, le moment où ils remonteraient à la surface, sous les puissants tirs d’artillerie, pour prendre la crête. Je ne peux qu’imaginer les émotions qui les habitaient quand, jetant un regard autour d’eux, ils se demandaient si leurs camarades – et si eux-mêmes – en sortiraient vivants.

Et pourtant, ils se sont levés, sont sortis du tunnel en masse et ont réussi là où nos alliés avaient échoué. Ils ont pris la crête de Vimy. Comment ne pouvais-je être en admiration? Comment ne pouvais-je éprouver une grande fierté? Comment pourrait-il en être autrement pour un Canadien?

Tous ces événements ont mené aux célébrations du 9 avril 2017.

Nous nous souviendrons d’eux

Quand nous avons quitté la zone de rassemblement pour commencer à défiler vers le monument, je pouvais sentir le sol trembler sous nos pas. Je sais que tous mes camarades éprouvaient la même sensation que moi. À l’approche de la barrière du chemin menant au monument, la foule a commencé à applaudir et à pousser des cris de joie. J’étais renversé par le nombre de personnes qui s’étaient déplacées pour se recueillir et se rappeler le sacrifice de ces hommes incroyablement braves et dévoués. J’ai ressenti une énorme fierté, pas seulement pour moi-même, mais pour tout le Canada.

Pendant que le monde entier observait les commémorations et rendait hommage à ceux qui ont fait le sacrifice suprême, j’avais le privilège de me tenir là où nos héros ont perdu la vie. Je n’avais jamais été aussi fier d’être Canadien. Le fait d’être en mesure de représenter mon pays, les Forces armées canadiennes, l’Aviation royale canadienne et mon unité s’est révélé une expérience sans pareille que je n’oublierai jamais.

Depuis que le caporal-chef Roche a écrit ce récit, il a accédé au grade de sergent.

Date de modification :