Parmi la « poignée de héros » canadienne : Le 1er Escadron de l’ARC pendant la bataille d’Angleterre

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Article de nouvelles / Le 11 septembre 2017

Par Richard Mayne

En envoyant le 1er Escadron de l’Aviation royale canadienne prendre part à la bataille d’Angleterre, notre pays envoyait pour la première fois une force aérienne expéditionnaire se battre au sein d’une coalition.

En 2017, nous commémorerons les 77 ans de la bataille d’Angleterre, une bataille qui a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale.

C’est Winston Churchill, le premier ministre du Royaume-Uni à l’époque, qui a fait entrer dans la légende la Bataille d’Angleterre en déclarant que « jamais dans l’histoire des guerres tant d’hommes ont été aussi redevables à si peu ».

La grande notoriété de cette phrase est due au fait qu’elle résume parfaitement la lutte désespérée qui s’est déroulée dans le ciel du Royaume-Uni il y a de cela 75 ans. Moins bien connu du public canadien est le rôle que le Canada à jouer dans cette bataille décisive.

En effet, plus de 100 pilotes, et un nombre inconnu des personnes au sol, venus du Canada ont participé à cette bataille au sein du 242e « canadien » Escadron de la Royal Air Force (RAF) et de diverses autres unités britanniques. Et, parmi les rares acteurs canadiens de cette bataille, il y a également eu les hommes du 1er Escadron de l’Aviation royale canadienne (ARC). Il est fondamental d’examiner et de comprendre en quoi les actes de cet escadron qui été la seule unité canadienne à prendre part à la bataille d’Angleterre sont importants pour l’ARC d’aujourd’hui et pour le Canada.

On considère généralement que la bataille d’Angleterre, qui s’est déroulée du 10 juillet au 31 octobre 1940, avait pour objectif de permettre à la Luftwaffe d’acquérir la supériorité aérienne sur tout le sud de l’Angleterre en vue de faciliter une invasion allemande du Royaume-Uni – ou du moins la forcer à négocier des arrangement comprenant des termes en faveur de l’état nazi. Menée dans la foulée de la bataille de France, la bataille d’Angleterre fut un coup terrible, car l’aviation de chasse de la RAF était sortie grandement affaiblie des combats visant à empêcher l’Allemagne de s’emparer de l’Europe de l’Ouest, au cours desquels elle avait perdu quelque 453 chasseurs et beaucoup de pilotes de chasse. Aussi la RAF fit-elle donc rapidement appel aux pilotes des pays du Commonwealth et à ceux des pays alliés récemment vaincus pour aider la Grande-Bretagne à repousser les assauts de l’Allemagne.

Le 1er Escadron se prépare à la guerre

Avant même l’effondrement de la France, le 1er Escadron avait commencé à se préparer à la guerre. Dans les années de l’entre-deux-guerres, la réduction du budget de la Défense avait durement touché l’ARC comme le montre le fait que les effectifs du 1er Escadron avaient dû être fusionnés à ceux du 115e Escadron (une unité auxiliaire stationnée à Montréal) et incorporer du personnel provenant de trois escadrons de bombardiers de reconnaissance, ainsi que d’un dépôt des effectifs de Toronto, pour atteindre les effectifs nécessaires en temps de guerre. Au bout du compte, c’est un 1er Escadron considérablement regarni, dont les effectifs dépassent les 300 hommes, qui embarqua sur le vapeur Duchess of Atholl pour traverser l’Atlantique à destination du Royaume-Uni.

Arrivés le 20 juin 1940, ces hommes se rendirent rapidement à Middle Wallop, leur premier aérodrome, où ils rejoignirent le 10e Groupe de chasse de la RAF. Située bien à l’ouest du secteur où le gros de la bataille était censé se dérouler, cette zone relativement sûre fut un endroit idéal pour permettre à l’escadron de se préparer et de recevoir un entraînement opérationnel très important. Leur séjour à cet endroit fut de courte durée, puisque, le 4 juillet, le 1er Escadron avait déjà été envoyé à Croydon, au sud de Londres. Par la même occasion, l’escadron fut également incorporé au 11e Groupe sous la responsabilité duquel se trouvait le secteur qui allait supporter le poids de la bataille à venir.

Commença alors ce que les historiens allaient appeler plus tard la première phase de la bataille d’Angleterre (du 10 juillet à la mi-août) qui se caractérisa par les tentatives de la Luftwaffe pour engager le combat avec la RAF en attaquant les ports et les convois de la Manche. Le 1er Escadron ne prit pas part à cette phase de la bataille, car il poursuivit son entraînement opérationnel. Mais toujours est-il que cela n’empêcha pas le commandant du 1er Escadron, le commandant d’aviation Ernest A. McNab, d’enregistrer la première victoire de cette unité. Fils d’un ancien lieutenant-gouverneur de la Saskatchewan, le commandant d’aviation McNab était un meneur d’hommes né et un pilote ayant acquis une solide expérience durant les 14 années qu’il avait passées dans l’ARC. Le seul problème était que, comme tous les membres de son escadron, il n’avait jamais reçu le baptême du feu. Réalisant qu’il devrait bientôt mener ses hommes au combat, le commandant d’aviation McNab se débrouilla pour voler avec un escadron opérationnel de la RAF. Il ne fut pas long à montrer sa valeur puisque, le 15 août 1940, il réussit à abattre au-dessus du Kent un bombardier Dornier Do 215 de la Luftwaffe.

Cette victoire fut un moment décisif pour l’escadron qui chaque jour se rapprochait du moment où il entrerait dans la mêlée. En fait, le jour où le commandant d’aviation McNab accomplissait son exploit, Croydon fut bombardé par une formation de chasseurs Messerschmitt Me 110 qui détruisirent les quartiers de la section de l’armement et le bureau d’administration. Bien qu’il se soit agi d’un raid aérien limité, celui-ci eut des répercussions plus larges puisqu’il s’inscrivit dans un changement de tactique opéré par la Luftwaffe deux jours plus tôt.

Le 1er Escadron se jette dans la bataille

Le 13 août, connu sous le nom d’Adlertag (le Jour de l’aigle), la Luftwaffe arrêta ses attaques sur la Manche pour se concentrer sur les stations radars et les aérodromes de la RAF. L’objectif était simple : rendre aveugle la RAF en détruisant son réseau de stations radars pour permettre aux chasseurs et aux bombardiers allemands d’anéantir l’aviation de chasse britannique.

C’est à cette phase de la bataille que prit part le 1er Escadron qui devint opérationnel le 16 août et déménagea de Croydon à Northolt. Toutefois, l’entrée en guerre se fit lentement pour l’escadron, puisque, au cours des huit premiers jours, les hommes durent décoller d’urgence à de multiples reprises, mais ils n’entrèrent jamais en contact avec l’ennemi.

Malheureusement, le brouillard de la guerre eut des effets tragiques lors de leur premier engagement. Croyant s’attaquer à des bombardiers Junkers Ju 88, ils abattirent accidentellement deux avions britanniques. Pour les pilotes canadiens concernés, le fait qu’un accident similaire – au cours duquel deux Hurricane britanniques avaient abattu un Spitire ami – se soit produit au début de la guerre au sein de la RAF, fut une bien piètre consolation. L’accident porta un dur coup aux hommes de l’escadron, mais, comme leur participation à la bataille était indispensable, ils continuèrent.

Deux jours plus tard, le 1er Escadron releva à North Weald une unité de la RAF à bout de forces. La cadence des sorties était telle que c’est à peine si les hommes avaient le temps d’atterrir avant de redécoller. C’est au cours de ces multiples sorties qu’un après-midi le 1er Escadron combattit la Luftwaffe pour la première fois. Ce fut également à cette occasion que l’escadron enregistra sa première victoire. L’engagement d’une grande intensité contre une formation de 25 à 30 Do 215 se solda par trois avions ennemis abattus et trois autres lourdement endommagés.

Malheureusement, ces exploits eurent un prix : deux Hurricane du 1er Escadron (dont celui du commandant d’aviation McNab) furent salement touchés et jugés irrécupérables après avoir dû faire un atterrissage forcé.

Un troisième Hurricane connut un sort encore plus tragique : pendant qu’il volait au côté du commandant d’aviation McNab, qui venait tout juste de descendre un Do 215, le lieutenant d’aviation Robert Edwards ouvrit le feu sur un autre avion. Pendant que les canons de son Hurricane taillaient en pièces la queue de l’avion ennemi, le lieutenant d’aviation  Edwards fut atteint par le mitrailleur arrière du Do 215, si bien que les deux avions finirent par s’écraser. Ce fut un autre coup dur pour le 1er Escadron puisqu’il n’avait jusqu’alors jamais perdu un homme au combat. Par conséquent, le lieutenant d’aviation Edwards eut l’étrange honneur d’être le premier soldat de l’ARC servant dans une unité canadienne à mourir au combat.

Après être resté quatre jours en état d’alerte permanente, l’escadron entra de nouveau en action le 31 août quand un groupe de Me 109 lui tomba dessus après avoir profité de la protection du soleil. Les Canadiens furent pris par surprise, si bien que l’engagement tourna mal. Seuls deux Hurricane eurent la possibilité de tirer et ceux-ci manquèrent leur cible.

Du côté des Allemands, les résultats furent plus concluants puisqu’ils parvinrent à abattre trois Hurricane. Deux des trois pilotes s’en tirèrent avec des brûlures et le troisième avec des blessures légères après avoir sauté en parachute. Bien que cette escarmouche ait tourné à l’avantage des Allemands, les Canadiens eurent l’occasion de prendre leur revanche plus tard le même jour quand le 1er Escadron intercepta un groupe d’environ 50 bombardiers au-dessus de Gravesend. Obligés de traverser une zone soumise à d’intenses tirs antiaériens « amis » pour se saisir de leurs proies, les pilotes de l’escadron s’immiscèrent dans la formation allemande pour abattre deux chasseurs Me 109 et en endommager un autre. Deux bombardiers Do 215 furent également abattus et un troisième endommagé. De leur côté, les Allemands abattirent un seul Hurricane dont le pilote réussit à s’en tirer malgré de graves brûlures.

La cadence des opérations était manifestement en train de s’accélérer et cela était un signe de ce qui allait suivre. L’escadron commença néanmoins à réaliser que la routine existait parmi le chaos. Par exemple, on a constaté que, durant la première semaine de septembre, le 1er Escadron a décollé d’urgence trois fois par période de 24 h : « habituellement à 9 h, à midi et à 17 h ». Les jours suivants, l’escadron a décollé d’urgence au moins une fois, si bien qu’au total, il a pris part à deux engagements qui se sont soldés par trois avions ennemis abattus, deux probablement détruits et onze endommagés. Cela avait donc été une bonne semaine. Néanmoins, en contrepartie de ces exploits, un Hurricane de l’escadron avait été abattu (le pilote avait survécu), un autre avait été lourdement endommagé et un troisième avait été complètement détruit.

La Luftwaffe commence à bombarder Londres

La semaine suivante, la Luftwaffe changea de tactique, bien que, dans un premier temps, cela passât inaperçu. En riposte à un raid aérien secondaire mené auparavant sur Londres – à l’occasion duquel la Luftwaffe avait reçu la consigne d’éviter les zones résidentielles de la capitale britannique – les bombardiers de la RAF avaient bombardé Berlin. Sur le plan tactique, le raid aérien de la RAF eut peu d’intérêt, mais, sur le plan stratégique, il eut des effets incommensurables. Alors que, en butte aux attaques allemandes, l’aviation britannique était en train de se faire écraser, Adolf Hitler, rendu fou de rage, décida de faire payer cher le raid sur Berlin aux villes britanniques. La bataille d’Angleterre entra alors dans une nouvelle phase durant laquelle la Luftwaffe concentra ses efforts sur le bombardement stratégique de Londres et des zones urbaines du Royaume-Uni. L’objectif était de mettre à genoux la capitale de l’Empire et ses citoyens à coups d’attaques aériennes. C’était le début du Blitz.

Dans l’attente des habituelles attaques sur les aérodromes, le 1er Escadron reçut l’ordre de protéger Northolt le 7 septembre. Il ne fallut pas longtemps avant que le changement de stratégie se fasse sentir. Après avoir constaté la présence d’une formation d’environ 200 avions ennemis au-dessus de Londres, l’escadron voulut se rendre à la rescousse de la ville, mais les responsables de la défense du secteur s’y opposèrent parce qu’ils s’attendaient à ce que les aérodromes soient attaqués. Deux jours plus tard, le 1er Escadron eut enfin l’occasion de défendre Londres dans le cadre d’une interception d’une formation aérienne qui se solda par la destruction d’un Me 109 et des dommages à trois autres, contre un Hurricane abattu avec survie du pilote.

Le reste de la semaine prit la forme de journées relativement calmes mélangées à des périodes d’intenses et épuisants combats. Du 10 au 14 septembre, l’escadron parvint à détruire un bombardier Heinkel He 111, à en endommager un autre et à enregistrer, conjointement avec un escadron de la RAF, une victoire sans pareille sur un avion de transport Junkers Ju 52. Durant la même période, un Hurricane du 1er Escadron fut abattu (son pilote fut blessé à la jambe) et un autre dut faire un atterrissage forcé.

Le 15 septembre, une journée décisive

La journée suivante fut si intense et déterminante qu’elle devint la date de référence associée à la commémoration de la bataille d’Angleterre. Après avoir lancé un raid de grande envergure sur Londres, la Luftwaffe avait choisi la date du 15 septembre pour tenter d’infliger d’importants dommages à la capitale, dans l’espoir d’obtenir la capitulation du Royaume-Uni. Ce jour-là, le 1er Escadron était prêt à agir à tout moment. Par deux fois, il dut décoller d’urgence pour prendre part à cette bataille déterminante pour l’avenir.

L’escadron, qui se battait pour défendre la zone de Biggin Hill, effectua une deuxième sortie plus concluante que la première. En réalité, la bataille engagée le matin fut particulièrement douloureuse. Elle se solda par un pilote blessé après avoir sauté en parachute et la perte d’un deuxième pilote : le lieutenant d’aviation Ross Smither abattu par un Me 109 ayant profité de la protection du soleil. Mais grâce à la deuxième bataille, au terme de cette journée, le 1er Escadron avait infligé de sérieuses pertes à l’ennemi : trois avions abattus, un à moitié détruit, deux probablement détruits et deux autres endommagés. Ce jour-là, d’après la RAF, 185 avions allemands furent abattus contre 25 côté anglais, un exploit auquel contribua le 1er Escadron de façon modeste, mais néanmoins importante.

Bien sûr, les analyses réalisées après la guerre permirent de se faire une idée plus précise, indiquant que les résultats étaient en réalité de 61 contre 31. Toutefois, cette journée n’en fut pas moins un succès retentissant pour la RAF. Ce que la plupart des gens ignoraient à l’époque, c’est que cette victoire fut si déterminante que les Allemands décidèrent peu après de reporter indéfiniment leur invasion de la Grande-Bretagne.

La journée la plus concluante pour le 1er Escadron

Du 16 au 26 septembre, l’escadron connut de nouveau une période où il dut décoller d’urgence et se tenir en état d’alerte, mais durant laquelle il combattit peu. Il n’en reste pas moins qu’il fut soumis à une pression constante : en raison de la pénurie de remplaçants, les pilotes eurent rarement la possibilité de se reposer ou de bénéficier d’une permission prolongée. La pression était presque insoutenable. Vingt-quatre pilotes composaient le 1er Escadron au début des combats. À la fin du mois de septembre, il en comptait presque moitié moins. Et pourtant, malgré l’épuisement et les obstacles, le 1er Escadron parvint, le 27 septembre, à vivre sa journée la plus concluante de toute la bataille.

Avec seulement huit avions en état de marche, réduits au nombre de six dans la soirée, le 1er Escadron parvint à survivre à 26 sorties effectuées pendant trois décollages d’urgence, au cours desquelles il engagea le combat avec 70 avions ennemis. D’après le journal de l’unité, au terme de cette journée, l’escadron n’était plus qu’un « groupe de guerriers épuisés et mal rasés ». Malgré tout, les représailles qu’il infligea à l’ennemi furent impressionnantes. Grâce au 1er Escadron, en collaboration avec le 303e Escadron polonais et le 229e Escadron de la RAF, l’ennemi subit de lourdes pertes : un Ju 88 détruit, un Ju 88 probablement détruit, quatre Me 110 détruits, un Me 109 détruit et un Me 110 endommagé. Malheureusement, l’ARC vit de nouveau périr l’un des siens, lorsque l’avion du lieutenant d’aviation Otto Peterson fut abattu près du Kent. Ce fut la dernière perte qu’eut à subir l’ARC au cours de cette bataille.

C’est au cours des combats aériens du 27 septembre que la Luftwaffe apparut pour la dernière fois en force dans le ciel du sud de l’Angleterre durant la journée. Même si le combat en lui-même n’était pas terminé, le 9 octobre, le 1er Escadron se vit accorder le repos bien mérité dont il avait tant besoin lorsqu’il fut réaffecté au 13e Groupe pour défendre le ciel relativement calme de l’Écosse.

Le combat prend fin pour le 1er Escadron

La bataille d’Angleterre arriva enfin à son terme pour le 1er Escadron et pour ses 28 pilotes qui avaient volé pendant 53 jours. Les combats incessants avaient causé des pertes à l’unité : trois morts, onze blessés et seize avions abattus. Côté allemand, bien que les sources varient à ce sujet, les rapports de combat du 1er Escadron font état de 30 avions ennemis détruits, de huit avions probablement détruits et de 35 avions endommagés. Les membres de l’escadron s’étaient bien battus et la presse en fut consciente puisqu’elle les baptisa les « nouveaux héros du Canada ». En effet, à une époque où la plupart des militaires canadiens n’avaient jamais combattu, le 1er Escadron était parvenu à livrer bataille, au nom de notre nation, contre un ennemi que l’on croyait invulnérable.

L’importance du souvenir

Et c’est l’une des principales raisons pour lesquelles la bataille d’Angleterre est si importante pour l’ARC d’aujourd’hui et, plus généralement, pour le Canada. Car jusqu’alors le Canada n’avait jamais envoyé une unité aérienne expéditionnaire combattre au sein d’une coalition. En apportant sa contribution à la bataille d’Angleterre, le gouvernement du Canada allait établir une tradition qui depuis 75 ans lui permet de prendre part à des alliances et à de périlleuses opérations de maintien de l’ordre en envoyant des escadrons de l’ARC à l’étranger. De plus, le Canada peut s’enorgueillir du fait que son armée de l’air ait directement pris part à l’une des premières batailles épiques de la Seconde Guerre mondiale, une bataille qui non seulement a permis de sauver un pays, mais qui a également mis un coup d’arrêt à la machine de guerre allemande qui, pour beaucoup, semblait ne pas pouvoir être enrayée.

La tradition de venir en aide à ses alliés perdure comme le montre la participation en 2011 de l’ARC aux opérations menées en Libye et aujourd’hui contre l’État islamique en Irak.

Le 1er Escadron a également été pour l’ARC à l’origine d’un certain nombre de « premières », puisqu’il a été la première unité de l’ARC qui a reçu les honneurs de guerre, enregistré une victoire d’une unité sur un avion ennemi et vu ses hommes être décorés pour bravoure. Mais l’élément le plus fondamental de la participation du 1er Escadron à la Bataille d’Angleterre reste que, pour la première fois, des membres d’une unité de l’ARC ont donné leur vie pour défendre les valeurs qui définissent le Canada en tant que peuple et en tant que pays. Et c’est surtout pour cette raison que les commémorations organisées le premier dimanche qui suit le 15 septembre jouent un rôle de premier plan dans la réaffirmation de l’identité nationale et la perpétuation du souvenir des sacrifices consentis.

M. Mayne (PhD) est directeur du patrimoine et de l’histoire de l’ARC.

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